Accueil - Histoire & Symboles - Les anciens Chefs d’Etat du Mali - Amadou Toumani TOURE

Amadou Toumani Touré

2002-2012

Monsieur Amadou Toumani TOURÉ, dit ATT, né le 4 novembre 1948 à Mopti (Soudan français, actuel Mali), est un militaire et homme d’État malien. Il est Président de la République du 8 juin 2002 jusqu’au coup d’État du 22 mars 2012.

presi4

Enfance et jeunesse

Monsieur Amadou Toumani TOURÉ est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans l’ancien Soudan français, où il fréquente l’École fondamentale. Entre 1966 et 1969, il est inscrit à l’École normale secondaire de Badalabougou à Bamako pour devenir Instituteur.

Finalement, il intègre l’Armée en entrant à l’École interarmes de Kati. Au sein du 33ème Régiment des Commandos parachutistes, il grimpe rapidement les échelons. Après plusieurs stages en URSS et en France, il devient Commandant du 33ème Régiment des Commandos parachutistes en 1984.

En mars 1991, après les manifestations populaires réprimées dans le sang, il participe au coup d’État contre Moussa TRAORÉ, prend la présidence du Comité de Transition pour le Salut du Peuple et assure les fonctions de Chef de l’État pendant la Transition démocratique.

Élection présidentielle de 2002

Le 1er septembre 2001, il demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l’Armée. Il décide de se lancer dans la vie politique en posant sa candidature pour l’élection présidentielle de 2002. Il est élu Président de la République le 12 mai 2002 avec 64,35 % des voix au second tour. Son adversaire Feu Soumaïla CISSÉ, ancien Ministre, obtient 35,65 % des voix.

Président de la République

Sa présidence est assez atypique, il n’appartient à aucun parti politique et son Gouvernement regroupe tous les partis du pays. Lors de son élection en 2002, il nomme Ahmed Mohamed AG HAMANI comme Premier ministre. Celui-ci démissionne le 28 avril 2004 et il est remplacé par Ousmane Issoufi MAÏGA.

Son slogan de campagne est « Pour un Mali qui gagne ». Ses partisans souhaitant sa victoire au premier tour ont diffusé le slogan Takokélen qui en bambara signifie littéralement « prise unique ». Ses adversaires, regroupés notamment au sein du Front pour la démocratie et la République (en) (FDR), les accusent d’utiliser les moyens de l’État pour faire campagne. Ils accusent également le Président et le Gouvernement de favoritisme, par exemple dans l’attribution des logements sociaux, et déplorent des fraudes lors du scrutin du 29 avril.

Amadou Toumani TOURÉ a été réélu Président de la République le 29 avril 2007 dès le premier tour. Il a obtenu 71,20 % des votes5, tandis que son principal concurrent, Ibrahim Boubacar KEÏTA, qui n’a recueilli que 19,15 % des voix, conteste, comme les autres candidats de l’opposition réunis au sein du Front pour la République et la démocratie, les résultats en raison de fraudes.

Coup d'état militaire de 2012

Dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, un peu plus de deux mois avant la fin de son mandat, il est renversé par un coup d’État. Les mutins du Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État (CNRDRE), dirigé par le capitaine Amadou SANOGO, dénoncent la gestion du conflit au nord Mali entre l’Armée et la rébellion touareg dans le cadre de la guerre du Mali.

Il part en exil au Sénégal avec sa famille proche sous les auspices de l’État sénégalais et se maintient à l’écart de la vie politique de son pays.
Le 27 décembre 2013, le Gouvernement malien saisit l’Assemblée nationale, où siège la Haute Cour de justice, pour juger l’ancien Président Amadou Toumani TOURÉ. En décembre 2016, l’Assemblée rejette finalement à une écrasante majorité l’ouverture de poursuites contre lui.

Avec l’accord du Président Ibrahim Boubacar KEÏTA, il rentre à Bamako avec sa famille. Il est définitivement rentré le 15 décembre 2019 avant de tirer sa révérence le 10 novembre 2020 à Istambul en Turquie où il était pour des soins médicaux. Le 17 novembre 2020, la Nation malienne lui a rendu un dernier hommage digne de son rang avant de l’accompagner à sa dernière de demeure au cimetière de Hamdallaye.