Discours de Nouvel An 2026 du Président de la Transition, le Général Assimi GOÏTA.

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Maliennes,

Maliens,

Mes chers compatriotes,

Hôtes du Mali,

 

Par la grâce d’Allah, nous franchissons le seuil de la nouvelle année 2026.

En ce moment de recueillement et d’espérance, je formule pour chacune et chacun d’entre vous des vœux de réconfort, de concorde, de santé et de prospérité.

 

Je m’incline pieusement devant la mémoire de nos martyrs, civils et militaires. Leur sacrifice est le socle de notre engagement et de notre Renouveau.

À nos blessés, aux familles endeuillées, la Nation exprime sa solidarité indéfectible. Je voudrais également adresser ma compassion aux populations durement éprouvées par les sinistres survenus dans notre pays. Je formule le voeu que l’élan de solidarité nationale, dans la dignité et l’entraide, continue de soulager les peines et de relever les vies.

Mes chers compatriotes,

Le passage à une nouvelle année est une occasion de regarder ensemble le chemin parcouru, d’évaluer nos efforts communs et de mesurer, avec lucidité, les défis à relever. L’année 2025 dont nous vivons les derniers instants, a été une année d’épreuves, notamment sur les plans énergétique et économique. Elle a également été une année de vérité, celle qui révèle dans l’adversité, le patriotisme et la résilience indéfectible des Maliennes et des Maliens.

Je rends un hommage appuyé à notre peuple pour sa dignité, sa patience et sa détermination.

Depuis plusieurs mois, notre pays subit d’importantes perturbations dans son approvisionnement en carburant, consécutives à des attaques répétées contre des convois vitaux.

Parallèlement, une campagne de désinformation a tenté d’installer le doute, la peur et la division. Elle n’a fait que renforcer notre prise de conscience collective et consolider notre dynamique de résistance.

En ces instants solennels, je salue la bravoure de nos opérateurs économiques, de nos chauffeurs et de leurs apprentis, qui, au péril de leur vie, ont assuré le ravitaillement du pays.

Je félicite nos Forces Armées et de Sécurité, ainsi que le Gouvernement, pour la coordination de la réponse nationale ayant permis d’éviter des ruptures majeures de carburant.

Derrière chaque défi se dresse une opportunité. Le défi d’importation doit devenir une opportunité d’innovation. Pour une Nation debout comme la nôtre, l’adversité n’est pas un frein, elle est un levier.

Mes chers compatriotes,

Face aux pressions, aux tentatives d’isolement et aux manœuvres d’influence, le Mali a fait un choix : celui de la souveraineté assumée. Là où certains attendaient la résignation, nous avons opposé la décision. Le temps de l’improvisation est révolu. Le Mali a fait le choix irréversible de rompre avec la navigation à vue.

C’est dans cette perspective que j’ai doté notre Nation d’une boussole stratégique : la Vision prospective « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », adossée à une stratégie de mise en œuvre 2025-2033. Ancrée dans le scénario du Renouveau, cette vision est notre pacte d’honneur avec les générations futures.

À l’horizon 2063, notre ambition est de faire du Mali une Nation souveraine, unie, juste, sécurisée et prospère.

Nous entrons dans l’année 2026 avec une ligne de conduite : celle de consolider la souveraineté et de bâtir une prospérité partagée.

Mes chers compatriotes,

La paix durable demeure la condition première de tout progrès.

C’est le sens du combat héroïque mené chaque jour par nos Forces Armées et de Sécurité contre le terrorisme et le crime organisé. Je salue leur bravoure, leur discipline et leur professionnalisme. La Nation ne les oubliera jamais.

Mener une guerre asymétrique est une épreuve redoutable.

Mais face menace, nous avons choisi de rebâtir notre outil de défense. Des avancées significatives ont été enregistrées : des zones ont été sécurisées, la liberté de mouvement s’est améliorée et l’autorité de l’État poursuit son rétablissement.

Cette dynamique dépasse nos frontières nationales. Avec nos frères du Burkina Faso et du Niger, nous avons franchi une étape déterminante avec l’opérationnalisation de la Force unifiée de l’AES et la mise en place d’un dispositif opérationnel coordonné. Face à l’ennemi commun, notre solidarité se traduit en actes : protéger nos peuples et défendre notre espace commun.

Nous savons aussi que la paix véritable ne s’impose pas : elle se construit. Elle exige la vérité, le dialogue et la confiance entre Maliens.

L’adoption de la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale marque une étape décisive, celle d’un processus de paix endogène, porté par notre volonté collective.

Dans ce cadre, une nouvelle phase du programme du DDR-I a été engagée, avec un recrutement spécial et la réinsertion de milliers d’ex-combattants, notamment à Ménaka, Kidal, Mopti, Ségou, Gao et très prochainement Tombouctou. La mise en place de l’Observatoire pour la Paix renforcera durablement cette dynamique.

En tirant les leçons des processus de paix antérieurs, il apparaît clairement que les solutions maliennes sont les plus viables pour le Mali.

Mes chers compatriotes,

 

Si la souveraineté militaire garantit l’intégrité du territoire, la souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé une dynamique de renaissance culturelle et d’éducation aux valeurs, afin de renforcer durablement le vivre-ensemble et de façonner le Maliden Kura : un citoyen patriote, responsable et bâtisseur.

L’officialisation de nos langues nationales et la valorisation de nos légitimités traditionnelles ne sont pas du folklore, elles expriment un retour à notre essence. Cette renaissance consolide la cohésion sociale, renforce la paix et fait de notre culture un levier de rayonnement et de développement endogène.

Mes chers compatriotes,

La Justice et la gouvernance vertueuse demeureront au cœur de notre projet national. La lutte contre la délinquance économique et financière, la corruption et l’impunité n’est pas une option : elle s’impose comme un devoir.

Le Pôle National Économique et Financier et l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs saisis ou confisqués, participent à l’affirmation de la règle que nul n’est au-dessus de la loi, et que l’argent indûment soustrait à la Nation doit obligatoirement revenir à la Nation.

Mes chers compatriotes,

 

Lors des Assises nationales de la Refondation, le peuple malien avait exprimé sa vive préoccupation face aux dérives et dysfonctionnements du paysage politique, susceptibles d’alimenter la mauvaise gouvernance.

Fidèle à notre engagement d’appliquer les recommandations issues des Assises, dans un esprit de concertation et d’inclusivité, j’ai décidé d’organiser, en avril 2025, des consultations avec les forces vives de la Nation, afin de préciser les modalités d’application de certaines recommandations et leur mise en œuvre dans le cadre de la relecture de la Charte des partis politiques. À l’issue de cette rencontre, les participants ont notamment recommandé la dissolution des partis politiques afin de repartir sur des bases plus saines et plus justes et de faire l’audit des partis politiques.

L’année 2026 ouvrira le chantier des concertations nécessaires autour de l’avant-projet de loi déterminant les conditions de formation et d’exercice des activités des partis politiques, prévu à l’article 39 de la Constitution.

Mes chers compatriotes,

Malgré les différentes sanctions imposées depuis 2020 et les contraintes sécuritaires, notre économie a démontré une résilience remarquable par une croissance soutenue, une inflation maîtrisée, et une dette soutenable.

L’État a assuré ses dépenses essentielles et le retrait du Mali de la liste grise du GAFI en juin 2025 a renforcé la crédibilité de notre signature.

Nous avons consenti des efforts importants pour protéger le pouvoir d’achat, notamment par des subventions ciblées sur les denrées essentielles et l’énergie. Nous poursuivrons cette dynamique avec discipline, efficacité et transparence.

A travers des programmes dédiés à l’entrepreneuriat et à l’emploi, des dizaines de milliers d’emplois ont été créés, redonnant espoir et perspectives à notre jeunesse.

Parallèlement, la modernisation de l’administration financière se poursuit, notamment par la digitalisation des recettes publiques, afin de renforcer l’efficacité de l’État et la transparence au bénéfice des citoyens.

Dans le secteur minier, l’ouverture de nouvelles capacités, l’application stricte de nos textes, ainsi que la renégociation de certains contrats ont déjà produit des retombées significatives pour l’État.

En 2026, nous poursuivrons cette trajectoire par des mesures de structuration et de valorisation, afin que la richesse nationale serve davantage l’investissement public, l’emploi et la transformation locale. Une vérité doit s’imposer : la richesse du Mali va appartenir aux Maliens et profiter d’abord au peuple malien.

 

Mes chers compatriotes,

La crise énergétique a été éprouvante. Cette épreuve nous oblige à une transformation profonde. Elle nous impose d’édifier une souveraineté énergétique par la diversification des sources d’énergies, par le développement des capacités nationales, par des investissements structurants, et par l’amélioration durable de la gouvernance du secteur. Elle nous impose aussi un sursaut productif en transformant nos matières premières sur place, en créant plus de valeur, plus d’emplois, plus de revenus. En faisant de nos défis une opportunité d’industrialisation.

Mes chers compatriotes,

 

La véritable richesse d’une Nation, ce sont ses femmes et ses hommes, mais surtout sa jeunesse. C’est la raison pour laquelle nous plaçons le développement du capital humain au centre de notre action en mettant l’accent sur la santé, l’éducation, la formation professionnelle, et la promotion des compétences.

Dans le domaine de la santé, nous poursuivrons la réalisation de structures modernes, afin de garantir à chaque citoyen des soins de qualité, ici même au Mali, dans la dignité. Le Projet présidentiel d’urgence hospitalière restera, à cet égard, un axe majeur de notre engagement.

Mes chers compatriotes,

Conformément à la Vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et à la Stratégie Nationale pour l’Emergence et le Développement Durable 2024-2033, le Gouvernement mettra en œuvre le Projet de formation des ressources humaines mieux préparées et dotées de compétences reconnues avec des programmes de construction, d’extension et de mise à niveau des infrastructures scolaires et universitaires.

 

Mes chers compatriotes,

L’année 2026 sera l’année de la consolidation, de la conquête du bien-être et du progrès.

Je vous souhaite, à chacune et à chacun, une bonne et heureuse année 2026, dans un Mali apaisé, réconcilié, stable et prospère.

Ensemble, nous ferons le Mali Kura !

Qu’Allah bénisse le Mali et protège les Maliens.

 

Je vous remercie.

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